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Conditions de travail, Des statistiques à déchiffrer, Des orientations positives en recherche de moyens

28/01/2015 10:36 par Admin Admin

François Rebsamen a présidé ce matin le conseil d'orientation sur les conditions de travail, pendant lequel ont été discutés le bilan des conditions de travail pour l'année 2013 ainsi que les axes du prochain plan santé et travail.

Concernant le bilan des conditions de travail. Les chiffres montrent une diminution globale des accidents du travail de 3,5% ainsi que des maladies professionnelles de 4,7% alors que les accidents de trajet ont, eux, augmenté de 10%.

La Fnath, membre du COCT, aurait aimé pouvoir se réjouir de ces chiffres. Toutefois, ils cachent une triple réalité: d'une part, la baisse du nombre de modification de maladies reconnues s'explique pour les troubles musculo-squelettiques par une modification des conditions de reconnaissance, rendues plus difficiles. Casser le thermomètre n'a jamais soigner un malade. Et ces personnes de retrouvent, certes pas dans les statistiques des maladies professionnelles, mais dans ceux du chômage ou des arrêts maladies.

D'autre part, ils ne peuvent cacher la désinsertion professionnelle qui touche les victimes du travail après leur accident ou leur maladie. Selon une étude réalisée par la FNATH, 55% des accidentés de la vie de retrouvent licenciés pour inaptitude après leur accident ou leur maladie. Pourtant, les chiffres sur les inaptitudes présentés dans ce bilan semblent dépassés puisqu'ils ne visent que 14 régions et datent de 2012 !

La FNATH considère positivement les orientations présentées ce matin pour le troisième plan santé et travail. En particulier, elle considère indispensable de fixer comme priorité la prévention, notamment la prévention de la désinsertion professionnelle. Cela nécessite de mieux coordonner les acteurs et d'accompagner dans la durée et de manière personnalisée la victime du travail.

La FNATH a toutefois attiré l'attention du ministre sur le souhait de rééquilibrer la prévention au profit de la réparation. La primauté de la prévention peut s'entendre comme volonté politique, car il vaut toujours mieux prévenir que guérir. Mais cela ne pourra se traduire à court terme par une diminution de l'indemnisation soit directement soit de manière pernicieuse (en modifiant les tableaux de maladie professionnelle). Or, à budget constant voire en diminution, investir dans la prévention n'est pas sans conséquences sur l'indemnisation des victimes du travail, qui mériterait au contraire d'être améliorée en de nombreux points.

Au-delà des aspects positifs de ce 3ème plan de santé au travail, c'est donc bien la question des moyens humains et financiers qui lui sont consacrés qui constitue les conditions de son effectivité.


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